« ‘S’adapter’, c’est un mot très triste. Si c’est une institution, elle est en déclin. Si c’est une personne, c’est une personne sans imagination qui réagit chaque jour parce qu’incapable de diriger, de maîtriser les événements.
D’où l’importance de l’anticipation (…). Nous pouvons restaurer ce qui est en pierre (NDLR : référence aux monuments culturels détruits), mais nous ne pouvons pas restaurer ce monument merveilleux qu’est chaque être humain. Six milliards cinq millions d’êtres humains, c’est notre richesse. Six milliards cinq millions de façons de créer, de penser, d’imaginer, d’inventer (…). Nos empreintes, six milliards cinq millions de dessins différents. Le plus important des droits, c’est le droit à la vie, parce que sans vie, on ne peut rien faire de tout cela. »
« Être libre c’est aussi ne pas oublier les liens noués librement. »
« Le général qui gagne une petite guerre, on le décore parce qu’on a vu. Le général qui évite une grande guerre, personne ne va le décorer. Parce qu’une guerre qui n’a pas lieu, c’est invisible. »
« Si l’on pense à vingt ans auparavant, à l’Afrique du Sud par exemple. Pendant 27 ans, pensez bien, 27 ans, un homme, Mandela était en prison, et au lieu de fomenter la haine, la vengeance, il était en train de penser à des solutions inattendues (avec l’aide de De Klerk, il ne faut pas oublier De Klerk). L’Union soviétique par exemple qui, basée sur l’égalité avait oublié la liberté, et la fraternité d’ailleurs, il y a eu un homme, quoi qu’on puisse dire, quoi qu’on puisse écrire, Mikhaïl Gorbatchev qui a inventé des chemins. »
« L’anticipation, avec la créativité sont des capacité distinctes de l’être humain. (…) Nous devons être des vigiles de l’avenir, trouver avec les tendances d’aujourd’hui les scénarios d’avenir. Agir maintenant. »
« Le meilleur diagnostic, c’est celui qui permet d’agir. Il n’y a qu’un diagnostic parfait, c’est l’autopsie, mais c’est trop tard. On peut à ce moment dire ‘ah, je sais pourquoi il est mort’, mais c’est trop tard. »
« Nous ne pouvons pas prendre un tas de pages et le mettre devant nos enfants et dire, ‘voilà, c’est ça ton avenir. On l’a déjà écrit. Tu n’as pas le choix.’ Nous devons pouvoir leur donner l’espace, et dire ‘voilà l’espace pour que vous l’écriviez à votre guise. Maintenant c’est votre tour.’ »
June 06, 2004
"S'adapter" est un mot triste
En mars 2003, j'ai assisté à une conférence de Federico Mayor. Ses paroles demeurent parmi les plus galvanisantes que j'aie entendues en direct. J'écrivais ses mots aussi vite que possible. En voici des extraits:
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1 comment:
J'aime beaucoup ce qu'a dit ce gars.
Ludovic
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